Quelques mots sur la "SOKA GAKKAI".

La Soka Gakkai a été " épinglée " par trois rapports parlementaires français successifs :
" Rapport " Vivien ", " Les Sectes en France, expressions de la liberté morale ou facteurs de manipulations ? ", Alain Vivien, 1983.
" Rapport parlementaire n° 2468 "Les sectes en France", Alain Gest et Jacques Guyard, 22 décembre 1995.
" Rapport parlementaire n° 1687 "Les sectes et l'argent", Jacques Guyard et jean-Pierre Brard, 10 juin 1999.


Extrait du Rapport Vivien (1983)

Page 71 : " Nichiren Shoshu (2) "
" Cette secte pseudo-bouddhique a la particularité d'être désavouée constamment par l'Association des Bouddhistes de France qui ne mâche pas ses mots.
" Le 5 juin 1981, j'ai attiré votre attention sur la mauvaise réputation de votre organisation en France : la Nichiren Shoshu Française, regrettant que parmi les sectes reconnues comme dangereuses, une seule soit d'expression bouddhique, la vôtre.
Le 25 décembre 1981, je vous ai interpellé sur la structure totalitaire de votre organisation en France et sa dynamique d'infiltration (réseaux économiques, scientifiques et culturels français) et de subversion populaire (pacifisme d'inspiration soviétique).
Aujourd'hui, le 25 décembre 1982, j'attire votre attention sur les rapports " douteux " de votre organisation en France avec l'argent. Je distingue trois points:
1. la pression pour faire payer les membres;
2. la violence à l'encontre des membres demandant un contrôle des fonds recueillis;
3. la confusion comptable entre Institut européen de la Nichiren Shoshu et la Nichiren Shoshu Française ".
[…]
---------------
(2) Soka Gakkai. qui entretient des liens avec Ie Komeito. Extraits d'une lettre du président. Daniel-Léonard Blanc, de l'ABF au président Ikeda. président de la Soka Gakkai Internationale. 25 décembre 1982.

Extraits du Rapport parlementaire " LES SECTES EN FRANCE " (1995)

Page 59 : " La puissance financière de la Soka Gakkaï se déduit […] des récents investissements immobiliers de la secte (domaine des Forges à Trets, château des Roches à Bièvres). "
Page 67 : " Les mouvements orientalistes "
" On regroupe sous ce qualificatif une extrême diversité de mouvements se référant, tout en les dévoyant, aux religions et doctrines métaphysiques orientales, tel le bouddhisme, l'hindouisme ou le taoïsme.
On peut regrouper dans ce courant l'Association Sri Chinmoy de Paris, le Centre de méditation Mahatayma, la Fédération française pour la conscience de Krishna, Maha Shakti Maudir, la Mission Snimi Atmananda Arma Bodha Satsanga, la Shi Ram Chandra Mission, et bien sûr la Soka Gakkaï.
La Soka Gakkaï prétend enseigner (malgré le schisme de 1990 avec Nichiren Shôshû) la doctrine de Nichiren, moine bouddhiste du XIIIe siècle qui professait une version nationaliste et intolérante du bouddhisme. L'accès à la paix et au bonheur est garanti au fidèle qui respecte un certain nombre de pratiques, parmi lesquelles la récitation gonkyo de certains chapitres du Sûtra du Lotus, la récitation daïmoku de la formule sacrée d'adoration, la dévotion au mandala, rouleau où s'inscrivait cette invocation. La Soka Gakkaï se pose comme une religion universelle, qui unifiera le bouddhisme et la société. "

Page 76 : " Les sectes " orientalistes " se renouvellent. "
" Les sectes " orientalistes " actuelles sont le noyau dur et les héritières des sectes religieuses dominantes des années 70-80. Celles-ci, telles Krishna, la Méditation Transcendantale, la Soka Gakkaï se sont le plus souvent seulement maintenues, alors que de nouveaux coreligionnaires d'importance sont apparus (HUE, sectes japonaises...). La spiritualité orientale fascine toujours, même si, aujourd'hui, elle est concurrencée par le "Nouvel Age " […]. "

Page 93 : " On constate également de nombreux cas de détournement des circuits économiques, de telles pratique étant le fait de 51 organisme, selon les Renseignements généraux. Il en serait ainsi de l'Association pour la recherche sur le développement holistique de l'homme, […] l'Eglise de Scientologie, du mouvement raëlien français ou de la Soka Gakkaï internationale France. "


Extraits du Rapport Parlementaire : " LES SECTES ET L'ARGENT " (1999).

Page 26: "L'existence d'un siège international à l'étranger permet d'établir des liens juridiques et financiers entre la secte mère et son émanation française, et, le cas échéant, d'opérer des transferts de fonds parfois conséquents. Tel est notamment le cas [...] de la Soka Gakkaï."

Page 27: "La Soka Gakkaï dispose également d'une Union des associations cultuelles Soka du bouddhisme Nichiren [...] "

Page 29 : " D'une manière générale, les sectes ont tendance à constituer des structures juridiques distinctes chargées d'assurer l'édition de leurs publications [...]. La Soka Gakkaï a crée une société chargée d'exercer ses activités lucratives. Il s'agit de la Société européenne de restauration et de services détenue à 99% par la secte, qui commercialise ses supports "pédagogiques". "

Page 53 : "La Soka Gakkaï Internationale France a notamment été constituée par les apports consentis par les deux autres instances nationales de la secte, la Soka Gakkaï France et l'Institut européen de la Soka Gakkaï Internationale. D'une manière générale, la possibilité de percevoir des dons manuels offre aux associations sectaires leur principale source de revenus, et parfois fonde leur puissance financière."

Page 57 : "L'administration fiscale a prononcé plusieurs redressements pour activité lucrative non déclarée [...]. Les activités économiques poursuivies par la Soka Gakkaï à travers les associations formant la branche française de la secte ont, elles aussi, été jugées lucratives. Dans un jugement daté du 10 décembre 1996 sur lequel la Cour administrative d'appel n'a pas encore statué, le Tribunal administratif de Paris a, par exemple considéré que l'association "Nishiren Shoshu française" tirait la majeure partie de ses recettes d'activités commerciales consistant en la vente de revues, brochures, livres, accessoires pratiques et cours ou séminaires payants pour laquelle elle dégageait une marge variant de 42,28 à 49,64 %, soit des taux supérieurs à ceux habituellement- pratiqués dans ce secteur. Constatant en outre qu'elle plaçait ses excédents dans l'acquisition de valeurs mobilières et qu'elle possédait 99% d'une SARL, le juge a conclu au caractère lucratif de l'association."
Page 89 : " La Soka Gakkaï Internationale est également une ONG avec statut consultatif auprès du Conseil économique et social et du Département de l'information publique des Nations Unies. Son président, M. Daisaku Ikeda, a reçu en 1983 la médaille de la paix décernée par l'ONU. Comme Sri Chinmoy, la Soka Gakkaï a utilisé son statut d'ONG pour tenter de participer, sous le patronage de la Mission crée à cet effet, aux célébrations du bicentenaire de la Révolution française. "

Page 96: " Agissant en éclaireur, la Scientologie n'a pas gardé le monopole des tentatives d'infiltration d'entreprises par des sectes. Il faut également citer les exemples:
- de la Soka Gakkaï, groupe d'origine japonaise que certains ont soupçonné, par le choix des implantations de ses centres, de rechercher des informations dans les secteurs du nucléaire et des nouvelles technologies [...]. "

Page 164 : " La Soka Gakkaï est, par sa richesse, la troisième secte implantée en France: son patrimoine, acquis en partie grâce aux apports venant de 1'organisation mère, représente 240 millions de francs, et son budget annuel atteint, certains exercices, une vingtaine de millions de francs "

Page 166: "On relève le versement, par les adeptes, de contributions importantes chez la plupart des sectes disposant d'une "grosse fortune" [...] L'AMORC a reçu de ses membres, au cours des derniers exercices, entre 21 et 24 millions de francs par an. La fourchette se situe à des valeurs comparables pour les mouvements suivants : Soka Gakkaï (entre 13 et 18 millions de francs) et Mahikari (9,7 millions de francs en 1996)."

Page 173 : "[...] la Soka Gakkaï a fait l'objet d'un redressement de 16,8 millions de francs pour la vente de stages, de cours et d'objets qu'elle a réalisée entre 1987 et 1990." Page 183 : "Plusieurs organisations sortent du lot et sont à la tête d'un parc supérieur à une centaine de millions de francs. Outre les Témoins de Jéhovah, il s'agit de la Soka Gakkaï qui a procédé à des acquisitions de prestige [...] "

Page 184: "Certains mouvements disposent même de propriétés agricoles qui peuvent faire vivre la communauté installée sur place [...] Les comptes de la Soka Gakkaï font également apparaître des revenus agricoles tirés de la propriété que la secte possède à Trets dans les Bouches-du-Rhône."

Page 185 : "Le patrimoine sectaire peut parfois être utilisé comme une vitrine de la secte qui, en montrant sa richesse, cherche à prouver son honorabilité et à assurer sa respectabilité. La Soka Gakkaï est le mouvement le plus représentatif de cette attitude. La secte japonaise a acquis, moyennant l'aide de l'association mère, plusieurs lieux prestigieux susceptibles d'asseoir la réputation culturelle qu'elle revendique. Elle est en effet propriétaire du Château des Roches, ancienne demeure de Victor Hugo située dans la vallée de la Bièvre où elle a installé un "centre culturel". Ce lieu a été inauguré par le dirigeant international de la secte, M Ikeda, en présence de représentants des milieux culturels et politiques français, et des manifestations y sont régulièrement organisées."

Page 189: " Il est intéressant de noter que les implantations françaises de certaines sectes, difficilement capables de dégager des fonds transférables à l'étranger, sont davantage financées par leur organisation mère. En effet, le sens des transferts dépend logiquement de la répartition géographique de l'audience de la secte. Si l'évasion de la France vers l'étranger est dominante, l'inverse existe. La Soka Gakkaï en est le meilleur exemple : la branche française est largement financée par la structure mère japonaise qui lui a notamment versé les apports nécessaires aux acquisitions immobilières décidés sur le sol français. "

Page 194 : " On sait par exemple que l'Ile-de-France compte sur son territoire plus de 140 mouvements sectaires. La Commission a pu examiner la situation de 21 de ces mouvements au regard de leurs obligations vis-à-vis de l'URSAFF d'Ile-de-France pour le dernier trimestre 1998. Un seul, l'Eglise du christ de Paris, déclare plus de 10 salariés. cinq organisations déclarent entre 5 et 10 salariés: Tradition Famille Propriété (9), l'Eglise universelle du Royaume de Dieu (7), Soka Gakkaï (7) [...] Ces chiffres laissent craindre, quand on les met en rapport avec ce que l'on sait du nombre d'adeptes et des activités économiques exercées par les mouvements sectaires en Ile-de-France, des pratiques de dissimulation d'emploi salarié et de fraude au droit de la sécurité sociale."

Page 222 : "L'absence de déclaration entraîne un redressement fiscal qui peut porter, selon le cas de figure, sur un ou plusieurs des principaux impôts commerciaux, à sa- voir l'impôt sur les sociétés, la TVA et la taxe professionnelle [...] Les activités d'hébergement, de stages, de cours et de vente d'objets exercées entre 1987 et 1991 par la Soka Gakkaï ont fait l'objet d'une taxation, à hauteur de 19,4 millions de francs."

Page 229: " Etat des créances détenues par la Comptabilité publique sur les principaux mouvements sectaires :
[…]
Nom de la secte : Soka Gakkaï………………………………Montant (en francs) : 15.795.513,00
[…] "
Page 230 : " La Commission tient à dénoncer l'impunité qui, de fait, bénéficie aux sectes: il est très rare qu'elles soient contraintes d'honorer leurs dettes fiscales […] Plusieurs exemples de dettes importantes et anciennes restées à ce jour impayées peuvent être avancés. Les redressements prononcés à l'encontre de l'AMORC (118 millions de francs), la Scientologie (140,5 millions de francs), la Soka Gakkaï (19,5 millions de francs) n'ont toujours pas été recouvres ou l'ont été très partiellement, bien que portant sur des activités remontant aux années 1980 ".

 

(Extrait du site "Prévensectes").



Les réactions

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Daisaku Ikeda - Soka Gakkai Japon - Komeito & la catastrophe de Fukushima

Le 26 janvier 2012, le président honoraire de la Soka Gakkai Japon, Daisaku Ikeda, a interpelé les autorités du pays à abandonner l'énergie nucléaire : "A l'aune de l'accident de la centrale atomique de Fukushima, j'appelle le Japon à étudier rapidement des politiques énergétiques qui ne dépendent pas de l'énergie nucléaire."

C'est une revirement historique ! C'est la première fois qu'il s'exprime ainsi sur ce sujet depuis ces 50 dernières années. S'il a été un militant constant du désarmement nucléaire mondial, avec entre autre sa participation en 1998, par l'entremise du département de la jeunesse de la Soka Gakkai Japon, à "Abolition 2000" de la Nuclear Age Peace Foundation, il n'est jamais apparu comme un activiste prépondérant dans l'histoire de l'opposition à l'électricité nucléaire au Japon. Dans l'histoire sociale contemporaine japonaise, en 1954, ce sont les femmes des marins - de l'équipage du chalutier Daigo Fukury Maru (Le Dragon Chanceux) - irradiés par le tir de la bombe atomique du programme d'essais américain Castle Bravo au large de l'atool Bikini près des îles Marshall - accompagnées par des mouvements progressistes comme le parti communiste, des chrétiens, des bouddhistes du Nipponzan Myohoji (école de Nichiren) qui ont débuté les premiers mouvements sociaux anti-nucléaire militaire. Il semble qu'à l'époque certains pratiquants de la Soka Gakkai des villages avoisinants ce soient spontanément associés à la lutte de ces femmes.

De 1999 jusqu'à Fukushima le Komeito en fidèle allié du PLD a soutenu la nucléarisation civile du Japon. Ses électeurs sont essentiellement les membres de la Soka Gakkai sans lesquels le PLD n'aurait pu gagner les élections et gouverner le pays. Les électeurs du Komeito suivent les directives morales de la Soka Gakkai – donc de D. Ikeda qui n'a jamais réellement soutenu les alternatives sociales, économiques, politiques, culturelles, quand bien même il a fait d'innombrables discours pouvant y faire penser. Si D. Ikeda s'est prononcé de façon anecdotique et marginale sur des questions environnementales et écologiques ou encore si la Soka Gakkai a participé localement à des initiatives alternatives pour le bien-être social, elle s'est toujours positionnée dans le camp des mentalités traditionnelles et des conservateurs, celui d'un gouvernement central autoritaire allié aux combinats de la stricte économie capitaliste, du commerce international conquérant, de l'industrie lourde, de l'agro-alimentaire destructeurs de l'environnement...

À preuve du contraire, D. Ikeda, ce brillant défenseur de la vie, amoureux de la nature, pacifiste, trois cent fois décoré par toutes sortes d'institutions internationales a été le complice de la nucléarisation du Japon par son silence sur la question des dangers du nucléaire civil - malgré l'activisme anti-nucléaire, les déclarations alarmistes de spécialistes japonnais, les accidents nucléaires dans l'archipel comme dans le monde, les rapports des commissions d'enquêtes sur la sécurité nucléaire au Japon - ainsi que par ses alliances politiques et sa fonction d'ambassadeur culturel soutenu par le ministère japonnais des Affaires Étrangères lors de ses voyages internationaux, ainsi que par ses relations amicales avec le président de Mitsubichi, la banque qui gère les actifs de la Soka Gakkai mais qui est aussi le groupe industriel ayant participé à la construction du parc nucléaire (Mitsubichi Heavy Industries) et principal constructeur d'armement du pays.

D. Ikeda, fondateur d'une ONG humanitaire, ce promoteur d'une philosophie humaniste bouddhique, de la paix dans le monde, des droits de l'homme comme de ceux des enfants, et en tant que personnalité de premier plan de la société civile, a démontré sa responsabilité accablante dans le développement du programme nucléaire, aidé en cela par ses instruments : la Soka Gakkai et le Komeito, en restant en retrait des mouvements alternatifs anti-nucléaire civil minoritaires mais très actifs dès les années 1970, en consentant de facto à l'orientation économique et industrielle qui fut à l'origine de la construction des centrales nucléaires japonaises à partir de 1966 (Tsuruga 1) dont la visée ultime a été historiquement la fabrication de bombes atomiques. D. Ikeda dans ses actions militantes avec la Soka Gakkai contre les Armes Nucléaire en a complètement dissocié le Nucléaire Civil, ses discours pour la paix et le désarmement sont d'habiles forfanteries camouflant sa collusion occulte, contradictoire à l'idéal bouddhiste, avec les intérêts des pouvoirs politiques financiers industriels les plus opposés à la vie, à la paix, à l'harmonie entre les humains et la nature !

Une anecdote pour exemple.
Depuis 2003 Shingo Mimura (sans étiquette) a été élu et réélu gouverneur d'Aomori, avec l'aide infaillible du PLD et de ses partenaires : le Komeito et le Nouveau Parti Conservateur, là où se trouve le site nucléaire de Rokkaso-mura conçu par Mitsubichi pour pouvoir produire la matière première des armes nucléaires. Il a apporté son soutien à l'énergie nucléaire qui est devenue l'un des principaux secteurs économique et pourvoyeurs d'emploi de la préfecture. Depuis, soutenu en cela par ses alliés politiques, après une vérification de la sécurité des centrales existantes dans un contexte marqué par l 'accident de Fukushima, S. Mimura a été le seul à militer pour continuer la politique de développement de l'industrie nucléaire civile dans la préfecture.

En France l'actuelle Association Cultuelle Soka du Bouddhisme de Nichiren et avant elle la Soka Gakkai Française et encore avant la Nichiren Shoshu Française se sont toujours fait les relais de l'idéologie pacifiste de D. Ikeda sans jamais lui être déloyal ni désobéissant en quelques points que ce soit. Ce dévouement sans faille à empêché depuis toujours l'ensemble de leurs hauts dirigeants officiels de développer une intelligence critique propre à produire un discours innovant adapté aux réalités sociétales concrètes, et les a obligé à refuser d'émettre publiquement une pensée philosophique originale sur les problématiques et enjeux du monde, ce qui fait d'eux, jusqu'au 26 janvier 2012, les complices inconscients du désastre nucléaire japonais et international.

P.S : Conformément à la liberté d'expression accordée aux citoyens par la Constitution de la république française, ce texte est le fruit d'une analyse et d'une interprétation personnelle de documents disponibles en langue françaises, émanant de la Soka Gakkai et de chercheurs externes à cette organisation. S'il s'avérait qu'il existait des publications officielles en langue françaises de cette organisation prouvant son implication effective et récurrente dans le mouvement anti-nucléaire civile au Japon dès les débuts , nous apprécierions de les savoir publiés sur internet et de connaître l'adresse de ces sites.

Le 14-10-2013 à 19:31:05

Avatar Nam Advaita

Daisaku Ikeda - Soka Gakkai Japon - Komeito & la catastrophe de Fukushima

Le 26 janvier 2012, le président honoraire de la Soka Gakkai Japon, Daisaku Ikeda, a interpelé les autorités du pays à abandonner l'énergie nucléaire : "A l'aune de l'accident de la centrale atomique de Fukushima, j'appelle le Japon à étudier rapidement des politiques énergétiques qui ne dépendent pas de l'énergie nucléaire."

C'est une revirement historique ! C'est la première fois qu'il s'exprime ainsi sur ce sujet depuis ces 50 dernières années. S'il a été un militant constant du désarmement nucléaire mondial, avec entre autre sa participation en 1998, par l'entremise du département de la jeunesse de la Soka Gakkai Japon, à "Abolition 2000" de la Nuclear Age Peace Foundation, il n'est jamais apparu comme un activiste prépondérant dans l'histoire de l'opposition à l'électricité nucléaire au Japon. Dans l'histoire sociale contemporaine japonaise, en 1954, ce sont les femmes des marins - de l'équipage du chalutier Daigo Fukury Maru (Le Dragon Chanceux) - irradiés par le tir de la bombe atomique du programme d'essais américain Castle Bravo au large de l'atool Bikini près des îles Marshall - accompagnées par des mouvements progressistes comme le parti communiste, des chrétiens, des bouddhistes du Nipponzan Myohoji (école de Nichiren) qui ont débuté les premiers mouvements sociaux anti-nucléaire militaire. Il semble qu'à l'époque certains pratiquants de la Soka Gakkai des villages avoisinants ce soient spontanément associés à la lutte de ces femmes.

De 1999 jusqu'à Fukushima le Komeito en fidèle allié du PLD a soutenu la nucléarisation civile du Japon. Ses électeurs sont essentiellement les membres de la Soka Gakkai sans lesquels le PLD n'aurait pu gagner les élections et gouverner le pays. Les électeurs du Komeito suivent les directives morales de la Soka Gakkai – donc de D. Ikeda qui n'a jamais réellement soutenu les alternatives sociales, économiques, politiques, culturelles, quand bien même il a fait d'innombrables discours pouvant y faire penser. Si D. Ikeda s'est prononcé de façon anecdotique et marginale sur des questions environnementales et écologiques ou encore si la Soka Gakkai a participé localement à des initiatives alternatives pour le bien-être social, elle s'est toujours positionnée dans le camp des mentalités traditionnelles et des conservateurs, celui d'un gouvernement central autoritaire allié aux combinats de la stricte économie capitaliste, du commerce international conquérant, de l'industrie lourde, de l'agro-alimentaire destructeurs de l'environnement...

À preuve du contraire, D. Ikeda, ce brillant défenseur de la vie, amoureux de la nature, pacifiste, trois cent fois décoré par toutes sortes d'institutions internationales a été le complice de la nucléarisation du Japon par son silence sur la question des dangers du nucléaire civil - malgré l'activisme anti-nucléaire, les déclarations alarmistes de spécialistes japonnais, les accidents nucléaires dans l'archipel comme dans le monde, les rapports des commissions d'enquêtes sur la sécurité nucléaire au Japon - ainsi que par ses alliances politiques et sa fonction d'ambassadeur culturel soutenu par le ministère japonnais des Affaires Étrangères lors de ses voyages internationaux, ainsi que par ses relations amicales avec le président de Mitsubichi, la banque qui gère les actifs de la Soka Gakkai mais qui est aussi le groupe industriel ayant participé à la construction du parc nucléaire (Mitsubichi Heavy Industries) et principal constructeur d'armement du pays.

D. Ikeda, fondateur d'une ONG humanitaire, ce promoteur d'une philosophie humaniste bouddhique, de la paix dans le monde, des droits de l'homme comme de ceux des enfants, et en tant que personnalité de premier plan de la société civile, a démontré sa responsabilité accablante dans le développement du programme nucléaire, aidé en cela par ses instruments : la Soka Gakkai et le Komeito, en restant en retrait des mouvements alternatifs anti-nucléaire civil minoritaires mais très actifs dès les années 1970, en consentant de facto à l'orientation économique et industrielle qui fut à l'origine de la construction des centrales nucléaires japonaises à partir de 1966 (Tsuruga 1) dont la visée ultime a été historiquement la fabrication de bombes atomiques. D. Ikeda dans ses actions militantes avec la Soka Gakkai contre les Armes Nucléaire en a complètement dissocié le Nucléaire Civil, ses discours pour la paix et le désarmement sont d'habiles forfanteries camouflant sa collusion occulte, contradictoire à l'idéal bouddhiste, avec les intérêts des pouvoirs politiques financiers industriels les plus opposés à la vie, à la paix, à l'harmonie entre les humains et la nature !

Une anecdote pour exemple.
Depuis 2003 Shingo Mimura (sans étiquette) a été élu et réélu gouverneur d'Aomori, avec l'aide infaillible du PLD et de ses partenaires : le Komeito et le Nouveau Parti Conservateur, là où se trouve le site nucléaire de Rokkaso-mura conçu par Mitsubichi pour pouvoir produire la matière première des armes nucléaires. Il a apporté son soutien à l'énergie nucléaire qui est devenue l'un des principaux secteurs économique et pourvoyeurs d'emploi de la préfecture. Depuis, soutenu en cela par ses alliés politiques, après une vérification de la sécurité des centrales existantes dans un contexte marqué par l 'accident de Fukushima, S. Mimura a été le seul à militer pour continuer la politique de développement de l'industrie nucléaire civile dans la préfecture.

En France l'actuelle Association Cultuelle Soka du Bouddhisme de Nichiren et avant elle la Soka Gakkai Française et encore avant la Nichiren Shoshu Française se sont toujours fait les relais de l'idéologie pacifiste de D. Ikeda sans jamais lui être déloyal ni désobéissant en quelques points que ce soit. Ce dévouement sans faille à empêché depuis toujours l'ensemble de leurs hauts dirigeants officiels de développer une intelligence critique propre à produire un discours innovant adapté aux réalités sociétales concrètes, et les a obligé à refuser d'émettre publiquement une pensée philosophique originale sur les problématiques et enjeux du monde, ce qui fait d'eux, jusqu'au 26 janvier 2012, les complices inconscients du désastre nucléaire japonais et international.

P.S : Conformément à la liberté d'expression accordée aux citoyens par la Constitution de la république française, ce texte est le fruit d'une analyse et d'une interprétation personnelle de documents disponibles en langue françaises, émanant de la Soka Gakkai et de chercheurs externes à cette organisation. S'il s'avérait qu'il existait des publications officielles en langue françaises de cette organisation prouvant son implication effective et récurrente dans le mouvement anti-nucléaire civile au Japon dès les débuts , nous apprécierions de les savoir publiés sur internet et de connaître l'adresse de ces sites.

Le 14-10-2013 à 19:31:27

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